Requiem pour un chemin de fer.

Il est révolu les temps glorieux du train à Madagascar.

Le transport ferroviaire a commencé à se détériorer depuis que l’État Malgache décide de nationaliser l’unique compagnie de chemin de fer dans les années 1970. Rebaptisée RNCFM, les performances de celle-ci se sont détériorées a tel point qu’elle a perdu une bonne partie de ses parts de marchés dans le transport de marchandises et de voyageurs dans les années 90. Elle a été vendue a des intérêts privés dans les années 2000. Mais jamais le transport ferroviaire n’a jamais pu renouer avec la croissance.

Concurrence de la Route Nationale 2

Grace à la coopération chinoise, la portion de la Route Nationale 2 entre Moramanga Brickaville a été réhabilitée fin des années 70. A partir de ce moment il était possible de faire le trajet Antananarivo Toamasina en 7h de trajet en taxi brousse. Ce qui a provoque le déclin du transport de voyageur de la RNCFM dont le train met plus de 12h pour faire le même trajet.

Mais les dirigeants de la RNCFM ont réagi quand même en assurant une meilleure coordination de l’exploitation de la ligne sur plusieurs points essentiels: meilleure synchronisation au niveau du passage du train en gare, priorité au train de voyageur par rapport aux autres convois. En plus de cela, la compagnie mettait les locomotives AD16 plus puissantes nouvellement acquises sur les trains de voyageurs. Résultat: le trains 131 au départ d’Antananarivo-Soarano à 6h30 arrivait à Toamasina-Les Manguiers vers 14h30. Si on a gagné en termes de temps de trajet, l’usage des puissantes AD16 sur les trains de voyageurs est discutable du point de vue rendement.

Malgré ces efforts, la RNCFM ne parvenait pas à rentabiliser le transport de voyageur et concentrait de plus en plus ses activités sur le transport de marchandises.

TCE: Valeur sentimentale

Ce réseau ferroviaire TCE (= Tananarive-Cote-Est) reliant Antananarivo à Toamasina fait 369 km. Le train part d’Antananarivo – gare Soarano vers 6h30 tous les jours de semaine et arrive à Toamasina tard dans la nuit, parfois même le lendemain au petit matin.

Malgré tout, il constitue un puits inépuisable de bons souvenirs et d’anecdotes pour ses fervents utilisateurs dont nous faisons partie. Ce n’était pas une référence en matière de vitesse mais les passagers ont appris à vivre avec. On prend le train pour l’aventure, pour la bonne nourriture dans les gares desservies, pour admirer le paysage et aussi pour parler et sympathiser avec vos voisins.

Le trajet se passe généralement dans une ambiance bon enfant. Au bout d’un certain temps, les voisins se partageant la même banquette commencent à parler d’un peu de tout. Cela commence généralement avec le genre: « ah on a pris déjà x heures de retard! ». « Oui, en effet ». « Tiens ça me rappelle que l’autre fois on a eu un éboulement puis …  » et c’est parti! Dès fois même, cela se transforme en partie de dominos ou de belotte. Certains, surtout en période de vacances sortent leur guitare et puis des groupes de chants se forment de façon spontanée.

Ce ne sont pas les anecdotes qui manquent quand il s’agit de voyager avec le train.

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